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Loi Duplomb XXL : comprendre la bataille agricole de l’été

Pesticides réautorisés, accès à l’eau déverrouillé : ce que contient la loi agricole votée en juillet 2026, pourquoi elle mobilise, et le rappel de l’été 2025.

Ce week-end des 18, 19 et 20 juillet, des rassemblements sont annoncés dans des dizaines de villes contre la loi d’urgence agricole, votée lundi à l’Assemblée. Ses opposants l’ont baptisée « loi Duplomb XXL » — en référence à la loi de l’été 2025 qui avait déclenché une pétition record. On démêle ce qu’il y a dedans, qui a écrit quoi, et pourquoi ça mobilise en plein été.

L’été 2025, le précédent

Rappel rapide. En juillet 2025, la loi Duplomb — du nom du sénateur LR Laurent Duplomb — réintroduisait notamment un néonicotinoïde interdit, l’acétamipride. Une pétition citoyenne contre le texte dépassait le million de signatures en quelques jours, du jamais-vu sur le site de l’Assemblée nationale, et le Conseil constitutionnel censurait la disposition phare en août. La séquence avait installé les pesticides au centre du débat public.

Un an plus tard, rebelote — en plus large. D’où le surnom.

Ce que contient le texte de 2026

Le texte de départ était une « loi d’urgence agricole ». C’est en commission mixte paritaire (CMP) — l’instance où députés et sénateurs négocient à huis clos la version finale — que le texte a durci, sous l’impulsion d’une majorité de droite et d’extrême droite soutenue par le bloc présidentiel. Deux points concentrent la critique, portée notamment par les députées Aurélie Trouvé et Manon Meunier :

Les pesticides. Le texte permet la réautorisation de deux pesticides dont les sociétés savantes de médecine documentent les effets négatifs sur le développement neurologique — leur réintroduction se fait contre l’avis du monde médical.

L’eau. Le texte élargit fortement l’accès de l’agro-industrie à la ressource en eau, y compris en période de crise climatique. Signe de l’ampleur du déverrouillage : même le MEDEF a qualifié le dispositif d’« appropriation sans contrôle et sans condition » de la ressource.

Pourquoi c’est un sujet de programme, pas juste d’actu

Cette bataille illustre presque trop bien deux notions clés du programme insoumis. La règle verte : ne pas prélever sur la nature plus que ce qu’elle peut reconstituer — c’est précisément ce que le libre accès à l’eau en période de sécheresse contredit. Et la planification écologique : décider démocratiquement des priorités agricoles au lieu de les laisser se négocier en CMP à huis clos. Pour resituer ces deux idées dans l’ensemble du texte, relis Le programme L’Avenir en Commun en 12 propositions.

Le fond de l’affaire tient en une question simple : qui décide de ce qu’on met dans les champs, dans l’eau et dans les assiettes — les assemblées élues et les citoyens, ou les lobbys de l’agro-industrie ?

La mobilisation des 18-20 juillet

Concrètement : des rassemblements sont organisés samedi dans des dizaines de villes, et lundi à 18 h aux Invalides à Paris, au moment du vote. En plein été, mobiliser est difficile — c’est d’ailleurs souvent pour ça que les textes controversés passent en juillet. La participation de ce week-end dira si la séquence de 2025 a laissé des réflexes.

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Sources

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